Cadré. Coupé. Monté. Diffusé à 13 heures.
Le fait divers arrive toujours en vrac. Une rue. Un ruban. Un voisin qui n’a rien vu. Puis il passe sur la table de montage. Là, il prend une forme. Un début, un milieu, une fin. Une musique, parfois.
C’est cette forme qui m’intéresse. Pas le drame. Le geste qui le range.
J’ai été cameraman pour TF1 de 1995 à 2021. Je suis JRI pour la RTS depuis 2003. Je sais combien de secondes une émotion tient à l’antenne. Pas beaucoup. Elle doit entrer dans le sujet, entre le plateau et la météo.
Le roman n’a pas cette contrainte. Il peut garder les rushes. Les plans ratés. Le moment où le témoin hésite, regarde l’objectif et demande s’il faut refaire.
Dans JOURNALISTE(s), la rédaction lyonnaise de La Belle Actu fabrique ses sujets. Elle refait des scènes pour la caméra. C’est une fiction. Elle ne fait pourtant que pousser un peu ce que la forme impose déjà : le réel doit entrer dans le cadre. Quand il déborde, on recadre.
Le fait divers mis en fiction, c’est l’inverse du journal. On ne ferme pas le sujet. On le rembobine. On regarde ce qui est resté sur le banc de montage.
Une note de lecture revient sur cette question : comment un événement passe du fait au récit, et ce que le regard médiatique ajoute en chemin. Elle ne tranche pas. Elle propose des pistes. C’est déjà beaucoup pour un sujet qui, d’habitude, dure une minute trente.
→ Fiction faits divers : le réel sous pression
JOURNALISTE(s) est disponible sur Amazon, en broché et en Kindle. L’édition (dé)augmentée paraîtra fin 2026.