Au printemps 2020, le monde s’est arrêté, sauf la télévision. Les rues étaient vides, les plateaux pleins, et nous étions quelques-uns à circuler avec une caméra et une attestation, chargés de prouver chaque jour que rien ne se passait, en direct. Il fallait remplir des journaux entiers avec une seule information qui ne changeait pas. On a appris à filmer l’absence. On l’a bien filmée.

Filmer le vide

Une avenue vide, un feu qui passe au vert pour personne, un pigeon qui a soudain l’air d’un figurant principal. Jamais on n’a tant filmé de choses où il ne se passait rien, et jamais ces images n’ont autant été regardées.

Le flux continu

La même image, la même courbe, le même couloir d’hôpital, tournés et retournés. À force, on ne sait plus si on documente l’effondrement ou si on participe à sa fabrication. C’est exactement la question de RIEN NE VA PLUS. Quand la même image revient pour la centième fois dans la journée, elle cesse d’informer et commence à envoûter. C’est à ce moment-là qu’un roman devient nécessaire.

Derrière la caméra, un corps

On oublie que la caméra a un porteur. Masqué, à distance réglementaire, avec une attestation dans la poche et la même inquiétude que ceux qu’il filme. Le téléspectateur voyait l’épidémie ; le cameraman, lui, y était.

Ce que le roman en fera

RIEN NE VA PLUS, dernier volet de la trilogie, se termine dans le silence blanc de l’hôpital du Vinatier, là où l’observateur a trop regardé. Il est en cours d’écriture ; l’auteur le présente dans un texte publié sur Medium.

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